En mars 1999, Marc Benioff quitte Oracle après 13 ans pour lancer Salesforce. Son pari : proposer un logiciel CRM accessible par navigateur, avec un abonnement mensuel. Le slogan "No Software" braque les projecteurs et invente le SaaS moderne.
Année de création
Valorisation
Clients
Hauteur de la tour
L'appartement de Telegraph Hill
Benioff est le plus jeune vice-président d'Oracle quand il décide de claquer la porte. Inspiré par un voyage spirituel en Inde, il veut réinventer le logiciel d'entreprise depuis un appartement de Telegraph Hill. Son principe : plus de CD-ROM ni de serveurs, mais un CRM disponible depuis n'importe quel navigateur.
Grâce à ses connexions dans l'écosystème Oracle, le fondateur signe ses premiers clients corporate en quelques mois. Le positionnement « software as a service » fait sourire la concurrence, mais la promesse d'un logiciel toujours à jour séduit les équipes commerciales.
"The world of software is changing. The future is not about installing software. It's about using it."
— Marc Benioff, 1999
"No Software" : le marketing de rupture
Pour imposer sa vision, Benioff invente le logo "No Software", un pictogramme qui barre le mot SOFTWARE. Il organise des happenings devant les conférences de Siebel, leader du CRM on-premise, et trolle les géants du secteur avec humour.
La campagne choque les analystes mais crée un storytelling imparable : Salesforce s'attaque au vieux logiciel compliqué et apporte une expérience web souple, facturée à l'abonnement. L'entreprise affiche une croissance de 50% par an pendant la première décennie.
Le modèle 1-1-1
Dès le départ, Benioff intègre la philanthropie à la stratégie de l'entreprise. Le modèle 1-1-1 prévoit :
- 1% du capital pour des causes sociales
- 1% du temps des employés en bénévolat chaque année
- 1% des licences offertes aux ONG et écoles
Cette approche deviendra le mouvement Pledge 1%. Salesforce revendique plus de 500 M$ de dons et 7 millions d'heures de bénévolat cumulées.
IPO et acquisitions en rafale
Salesforce entre en bourse en juin 2004. L'action ouvre à 11$ et prouve la viabilité du SaaS. Dès lors, l'entreprise rachète des briques clés pour compléter sa suite :
- 2016 : Demandware (e-commerce) — 2,8 Md$
- 2018 : MuleSoft (intégration) — 6,5 Md$
- 2019 : Tableau (data viz) — 15,7 Md$
- 2021 : Slack — 27,7 Md$
Avec plus de 150 000 clients, Salesforce devient le leader absolu du CRM cloud, présent dans la quasi-totalité des grands groupes.
Salesforce Tower : nouveau phare de SF
Inaugurée en 2018, la Salesforce Tower culmine à 326 mètres. Visible depuis toute la baie, elle symbolise la domination tech sur le skyline de San Francisco. Son sommet est recouvert d'un écran LED qui diffuse des œuvres d'art la nuit.
Au pied de la tour se trouve le Salesforce Park, un jardin suspendu accessible gratuitement au-dessus du Transbay Transit Center. C'est l'un des meilleurs points de vue sur le Financial District.
Salesforce aujourd’hui
La société reste dirigée par Benioff, qui ne cesse de prendre position sur l’égalité salariale, les droits LGBTQ+ ou la taxation des grandes fortunes. Depuis 2018, il possède aussi le magazine Time.
Avec Einstein GPT, Salesforce s'aligne sur la vague IA générative pour automatiser le marketing, le support et les ventes. L'entreprise se prépare à une nouvelle décennie de croissance dans l’IA et la donnée.
Visiter Salesforce à San Francisco
La Salesforce Tower & Park
Pénétrez dans le lobby pour admirer l'art numérique, puis rejoignez le Salesforce Park (ouvert au public la journée) pour un panorama urbain unique.
Chris
Je documente les coulisses de la tech californienne pour les curieux qui visitent San Francisco. Suivez-moi pour découvrir les lieux et les acteurs qui façonnent la Silicon Valley.
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