Sequoia Capital
Les légendes de Sand Hill Road

Depuis 1972, Sequoia Capital repère les géants avant tout le monde : Apple, Google, YouTube, WhatsApp, Airbnb, Stripe... Retour sur l’ADN d’un fonds qui pèse aujourd’hui plus de $85 milliards.

Chris
Chris

Mis à jour le 9 décembre 2025

À retenir

  • Fondation : 1972 par Don Valentine
  • Investissements : Apple, Google, WhatsApp, Airbnb, Stripe
  • Philosophie : "Investir dans les marchés, pas uniquement dans les personnes"
  • Chiffres : $85B+ sous gestion, 30% du NASDAQ passé par Sequoia
Siège de Sequoia Capital sur Sand Hill Road

Don Valentine, l’ingénieur devenu parrain du VC

Don Valentine a fait ses armes chez Fairchild puis National Semiconductor. En 1972, il décide d’investir son propre argent dans des fondateurs obsédés par des marchés gigantesques. Sa méthode : comprendre le client, pas uniquement la technologie.

"The art of investing is not picking winners. It's avoiding losers."

— Don Valentine

Grâce à son réseau dans l’industrie des semi-conducteurs, Valentine repère les opportunités avant tout le monde. Il s’installe à Menlo Park, sur ce qui deviendra la mythique Sand Hill Road.

Apple : le coup de maître fondateur

En 1977, Valentine rencontre Steve Jobs et Steve Wozniak dans un garage de Los Altos. Jobs n’a ni costume ni business plan, mais Valentine flaire un marché colossal : l’ordinateur personnel.

Sequoia investit via un SPV et fait entrer Mike Markkula pour professionnaliser Apple. L’IPO de 1980 propulse Apple et valide la stratégie de Sequoia : gagner gros en tenant plusieurs décennies.

Un portefeuille qui vaut 30% du NASDAQ

Les paris de Sequoia lisent comme l’histoire de la tech moderne :

  • Cisco – Backbone de l’Internet (IPO 1990)
  • Google – investissement de 12,5 M$ en 1999 aux côtés de Kleiner Perkins
  • YouTube – Série A avant le rachat par Google
  • WhatsApp – 60 M$ transformés en 3 Md$ lors du rachat par Facebook
  • Airbnb & Stripe – deux licornes nées pendant la crise financière

Au total, les entreprises soutenues par Sequoia représentent environ 30% de la capitalisation du NASDAQ. Un chiffre qui résume 50 ans d’avantage informationnel.

Michael Moritz, la deuxième lame

Michael Moritz, ancien journaliste à Time Magazine, rejoint Sequoia en 1986. Il signe les deals Yahoo, Google, PayPal, LinkedIn. C’est lui qui convainc Larry Page et Sergey Brin d’accepter des fonds extérieurs en 1999.

Moritz incarne la deuxième génération de Sequoia : obsession du produit, soutien rapproché et vision internationale (Chine, Inde, Israël).

La méthode Sequoia

Les principes transmis aux fondateurs :

  • TAM énorme – viser des marchés >10 milliards $
  • Timing – arriver juste avant l’explosion d’une catégorie
  • Équipe – fondateurs obsessionnels et coachables
  • Discipline – gérer le cash comme une ressource rare

Sequoia est réputé pour ses mémos détaillés, ses sessions de coaching et son implication dans les recrutements clés (CFO, COO, VP Sales).

Sequoia aujourd’hui : un fonds « permanent »

Don Valentine est décédé en 2019 mais Sequoia a déjà anticipé la suite. En 2022, le fonds choque l’industrie en annonçant The Sequoia Fund : un véhicule permanent, qui recycle ses gains dans les générations futures plutôt que de redistribuer après 10 ans.

Désormais, Sequoia investit du seed aux marchés cotés, avec des équipes à Menlo Park, Londres, Bangalore, Tel-Aviv et Pékin. Focus actuels : IA générative, climate tech, biotech, défense (American Dynamism).

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Chris

Chris

Je documente les coulisses de la tech californienne pour les curieux qui visitent San Francisco. Suivez-moi pour découvrir les lieux et les acteurs qui façonnent la Silicon Valley.

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