Uber
La révolution controversée

Comment une application imaginée à San Francisco est devenue un verbe mondial, en redessinant le transport urbain… et en déclenchant une avalanche de polémiques.

Chris
Chris

Mis à jour le 9 décembre 2025

À retenir

  • Paris 2008 : l’idée naît d’une nuit sans taxi
  • Tactique : lancer, conquérir, négocier plus tard
  • Culture : hyper croissance vs scandales (Greyball, #DeleteUber)
  • Aujourd’hui : Uber Rides, Eats & Freight, rentable depuis 2023
Uber San Francisco

Par une nuit glaciale de 2008 à Paris, Travis Kalanick et Garrett Camp n'arrivent pas à trouver de taxi. Ils imaginent une application permettant de commander une voiture avec chauffeur en quelques tapotements. Un an plus tard, UberCab apparaît à San Francisco et le verbe uberiser entre dans le langage courant.

2009

Année de création

150M

Utilisateurs mensuels

$150B

Valorisation max

70+

Pays couverts

L'idée parisienne

Garrett Camp, cofondateur de StumbleUpon, rêve d’une app premium pour faire venir des voitures noires. Il convainc Travis Kalanick, serial entrepreneur, de piloter l’expansion. Le duo lève un premier tour auprès de ses amis de la scène tech SF.

À l’origine, UberCab vise les cadres pressés : paiement automatisé, suivi GPS, berlines impeccables. Le service coche toutes les cases du luxe californien.

Le lancement à San Francisco

Le 31 mai 2010, UberCab lance officiellement à San Francisco. Kalanick devient CEO et squatte toutes les conférences tech pour recruter chauffeurs et investisseurs.

Quelques mois plus tard, la ville envoie une lettre de cessation. Réponse : retirer “Cab” du nom. Uber se présente comme une plateforme technologique, pas un service de taxi. La stratégie “lancer d’abord, négocier ensuite” est née.

“It's easier to ask forgiveness than permission.”

— Philosophie Uber

L'expansion agressive

Les levées s’enchaînent : 11 M$ (Benchmark) en 2011, 258 M$ (Google Ventures) en 2013, 1,2 Md$ en 2014. Valorisation : 40 Md$. Uber devient la startup privée la plus chère du monde.

Avec UberX en 2012, l’entreprise passe des berlines aux voitures personnelles. Les prix baissent de 40%, l’usage explose et le conflit avec les taxis s’importe dans toutes les capitales.

Les scandales

La culture “win at all costs” finit par exploser :

  • Greyball : logiciel pour éviter les contrôles des régulateurs
  • Hell : espionnage présumé des chauffeurs Lyft
  • Culture toxique : témoignages de harcèlement révélés par Susan Fowler en 2017
  • Vidéo virale : Kalanick invective un chauffeur, déclenchant #DeleteUber

La réputation d’Uber s’effondre, les régulateurs se durcissent et les investisseurs exigent un changement de gouvernance.

La chute de Kalanick

En juin 2017, Travis Kalanick est poussé vers la sortie. Sa mère vient de décéder, la vidéo avec le chauffeur tourne en boucle et les procès s’accumulent.

Dara Khosrowshahi, ex-CEO d’Expedia, prend les commandes avec une mission : nettoyer la culture, rassurer les villes et préparer l’IPO. Le mantra change en “We do the right thing. Period.”

Uber aujourd'hui

L’IPO de mai 2019 est décevante, mais Uber survit à la pandémie grâce à Uber Eats et devient rentable en 2023. L’entreprise se réorganise autour de trois piliers :

  • Uber Rides : VTC dans 70+ pays
  • Uber Eats : livraison de repas mondiale
  • Uber Freight : logistique et camions

Kalanick a vendu toutes ses actions et dirige désormais CloudKitchens. Uber, lui, investit dans la mobilité multimodale (trottinettes, transports publics, véhicules autonomes via des partenariats).

Uber à Mission Bay

Visiter le siège

Uber occupe un campus de verre sur 3rd Street, inauguré en 2018. Les bâtiments reliés par des passerelles dominent Mission Bay, à deux pas du Chase Center.

📍 1515 3rd Street 🏙️ Mission Bay 🕘 Lobby ouvert en journée

Partager cet article

Chris

Chris

Je raconte les coulisses de la tech californienne pour les curieux qui visitent San Francisco. Suivez-moi pour découvrir les lieux et acteurs qui façonnent la Silicon Valley.

Voir tous mes articles