En mars 2005, Paul Graham, Jessica Livingston, Robert Morris et Trevor Blackwell réunissent huit équipes à Cambridge pour leur offrir 12 semaines de conseils et 20 000 $. Le pari : prouver qu’un petit chèque et un réseau soudé peuvent rivaliser avec les VC traditionnels. Le résultat ? Un pipeline de 4000 startups valorisé collectivement plus de 600 Md$.
Création
Startups soutenues
Valeur cumulée
Ticket standard
L’étincelle Paul Graham
Après la vente de Viaweb à Yahoo!, Paul Graham publie des essais devenus cultes (“How to Start a Startup”). L’étape suivante : transformer ces conseils en programme. Dès l’été 2005, YC investit 20 000 $ par équipe et offre des “office hours” hebdomadaires. L’objectif n’est pas de sélectionner les CV les plus brillants, mais les fondateurs capables de fabriquer très vite quelque chose que les gens veulent.
« Make something people want. »
— Devise de Y Combinator
Le modèle batch + Demo Day
Le programme YC dure 3 mois. Les fondateurs reçoivent aujourd’hui 500 000 $ (125 k$ pour 7% + 375 k$ via un SAFE “Most Favored Nation”). Chaque semaine, les partners organisent des dîners avec des speakers (Patrick Collison, Drew Houston, Brian Chesky…) et offrent des sessions de coaching ultra pragmatiques.
Point d’orgue : le Demo Day. En 2 minutes, chaque startup pitche devant des centaines d’investisseurs alignés dans un amphithéâtre de San Francisco ou en live stream. Les tours seed/Series A se bouclent souvent dans les 72 heures.
Un tableau de chasse hallucinant
Parmi les succès les plus connus :
- Airbnb (W09) – 80 Md$ de valo et une IPO en 2020.
- Stripe (S09) – le moteur de paiement de l’internet, estimé à ~95 Md$.
- Dropbox (S07) – pionnier du stockage dans le cloud.
- Reddit (S05) – forum géant racheté par Condé Nast puis redevenu indépendant.
- Coinbase, DoorDash, Instacart, Twitch… la liste continue.
Aujourd’hui, on compte plus de 100 licornes YC. Rarement un investisseur early-stage peut afficher un tel palmarès avec des tickets aussi faibles.
L’ère Sam Altman (2014-2019)
En 2014, Paul Graham passe la main à Sam Altman, ex-fondateur de Loopt. Altman industrialise YC : il augmente la taille des batches, développe YC Continuity (fonds de suivi), lance YC Research et cofonde OpenAI. Le nombre de candidatures explose, tout comme le réseau d’alumni.
Depuis 2023, YC est dirigé par Garry Tan (Posterous, Initialized Capital) qui remet l’accent sur les fondateurs early-stage et sur le développement de YC à San Francisco (Frontier Market Labs, YC Build).
La philosophie YC en quatre mantras
Codifiée dans les essais de Paul Graham et les talks YC :
- “Do things that don't scale” : au début, faites des actions manuelles pour comprendre vos utilisateurs.
- “Talk to users” : sortir du building reste la meilleure étude de marché.
- “Launch fast” : mieux vaut lancer imparfait que ne jamais shipper.
- “Default alive” : votre startup peut-elle survivre sans levée supplémentaire ?
YC aujourd’hui
Les batches accueillent désormais 400+ startups deux fois par an. Le programme reste opéré depuis San Francisco / Mountain View mais est ouvert aux fondateurs du monde entier (participation hybride possible).
En plus du programme phare, YC propose Startup School (cours gratuits en ligne), Work at a Startup (job board) et YC Continuity pour suivre les meilleures boîtes jusqu’à l’IPO.
Où sentir l’esprit YC à San Francisco ?
Pioneer Building & Demo Day venues
Les bureaux historiques de YC sont à Mountain View, mais la communauté se retrouve souvent à San Francisco : Pioneer Building (mission district), palais des beaux-arts ou Fort Mason pour les Demo Days. Plusieurs cafés de SoMa (Sightglass, Blue Bottle Mint Plaza) sont des QG improvisés de founder YC.
Chris
Je documente les coulisses de la tech californienne pour les curieux qui visitent San Francisco. Suivez-moi pour découvrir les lieux, les histoires et les acteurs qui façonnent la Silicon Valley.
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